Illustrations intéressantes de la finance sauvage que ce film documentaire de l'autrichien Erwin WAGENHOFER, déjà auteur du très remarqué WE FEED THE WORLD. On y voit les ravages économiques (et écologiques) de l'exploitation des matières premières des pays africains aux seuls profits de quelques requins de la finance, de la bulle immobilière espagnole ou encore de la captation de la richesse mondiale par de miniscules paradis fiscaux réunis en réseau planétaire opaque.
Malheureusement, le film est trop partial parce que trop partiel. Il a été construit à charge mêlant à tord problèmes des pays développés et ceux des pays en voie de développement.
Et où sont les centaines de millions d'asiatiques qui ont vu leur niveau de vie progresser lors de la dernière décennie ? Et pourquoi ne pas avoir montré les mutations réussies de l'état providence des pays scandinaves en modèle social libéral au lieu de se contenter, par simple vue idéologique, de dénoncer la privatisation du tramway de la ville de Vienne (Autriche) ? Et le premier fléau des pays africains n'est-il pas la corruption de leurs dirigeants ? Et les pays anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni ...), s'ils ont massivement participé aux dérives de la finance mondiale, ne sont-ils pas ceux qui ont aussi le plus investi dans la société de l'Intelligence (dépenses record en Recherche-Développement, vrais fonds de capital-risque, meilleures universités au monde ...) avec au final un coeur économique mondial bien encré en Californie, Mecque de l'innovation planétaire ?
Reste néanmoins quatre questions cruciales que le film de Erwin WAGENHOFFER a le mérite de poser :
1) Comment utiliser au mieux les gigantesques liquidités financières (notamment celles des pays émergents (Chine, pays exportateurs d'hydro-carbures ...)) pour le bien de l'économie mondiale, pour que cette dernière crée le maximum de richesse ? Question que nous pouvons nous poser, à notre niveau franco-français, avec la manne de l'assurance-vie, pas assez consacrée à l'investissement productif et trop utilisée à résorber notre endettement public.
2) Comment répartir le plus efficacement et le plus justement possible la richesse créée sur la planète ? Vaste question s'il en est !
3) Qu'est-ce qu'un vrai entrepreneur ? Un homme de réseaux ? de com' maîtrisant parfaitement les médias ? un financier ? un visionnaire ? ...
4) Le capitalisme peut-il être moral ? Peut-il être à la fois créateur de richesse tout en étant social et écologique ? A cette dernière question, je réponds oui sans hésiter. Si la société le veut, si l'inconscient collectif le veut, si tout le monde le veut, si chaque acteur économique et social le veut. C'est une affaire d'éducation, de culture qui fait du modèle social européen (également appelé soft power ou encore sociale démocratie autrefois et maintenant social libéralisme) l'exercice le mieux abouti au monde de répartition de richesse fruit d'une incroyable créativité des Européens.